Typologie de la douleur et chiffres clés en France

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à des lésions tissulaires réelles ou potentielles ou décrites en des termes évoquant de telles lésions. La douleur est un phénomène subjectif, qui est ressenti de façon individuelle1.

DOULEUR CANCÉREUSE

355 000 nouvelles personnes ont été diagnostiquées en 2012 en France métropolitaine. On estime à 50% les douleurs aux stades initiaux de la maladie cancéreuse progressant jusqu’à 75% aux stades avancés. On retrouve 38% de patients douloureux chez les survivants de la maladie2. Au cours de la maladie cancéreuse, les douleurs, d’intensité variable, sont très fréquentes. Elles peuvent être dues :
- à la tumeur elle-même. Celle-ci peut provoquer des réactions inflammatoires au sein même du tissu où elle s’est développée ou autour de ce tissu. Il s’agit de douleurs par excès de nociception. La tumeur peut aussi être responsable de la compression ou de l’envahissement de tissus en périphérie.
- aux conséquences indésirables des traitements spécifiques de la maladie tels que la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie.

D’après une enquête Européenne sur la Douleur Cancéreuse (EPIC - European Pain In Cancer survey3), 46% des patients disent que la douleur a été le symptôme qui a conduit au diagnostic du cancer. Elle est décrite comme sévère dans 50% des cas. Chez les patients français interrogés :
• 16% des patients ont subi une intervention chirurgicale pour leur douleur cancéreuse.
• 52% des patients considèrent que la douleur les empêche de penser et de se concentrer.
• 38% des patients jugent que leur douleur est intolérable.
• 40% des patients affirment que leur douleur les force à dépendre trop des autres et 26 % souffrent tant qu’ils ressentent l’envie de mourir.

DOULEUR CHRONIQUE

La douleur chronique est définie comme une douleur qui persiste ou se développe sur une période dépassant trois à six mois4. Elle peut varier en intensité, de faible ou modérée jusqu’à sévère.

Dans une enquête française publiée dans la revue Pain5, 31,7 % des patients interrogés présentaient une douleur chronique.
En 2006, l’étude « Pain in Europe Survey »6 montre que la douleur chronique est source de handicap et d’altération majeure de la qualité de vie : 2 patients sur 3 sont directement handicapés par la douleur dans leurs activités physiques, leur sommeil, et dans leurs activités hors du domicile.

La douleur chronique est également à l’origine de coûts importants pour la société. Selon le plan d’amélioration de prise en charge de la douleur, le patient douloureux chronique a recours chaque année à environ 10 consultations ou visites de médecins généralistes et 4 consultations de spécialistes. 45 % d’entre eux sont concernés par des arrêts de travail dont la durée moyenne cumulée dépasse 4 mois par an6.
La douleur chronique serait également responsable en France de 15 % de pertes d’emplois, 12 % de modifications de responsabilités professionnelles, 12 % de changements d’emplois et de 18 % de dépressions associées.7
Parmi les douleurs chroniques, les douleurs d’origine rhumatologique se placent au premier plan8. Enfin, 28% des patients douloureux chroniques estiment que la douleur est parfois tellement forte qu’ils ressentent l’envie de mourir9.

DOULEUR AIGUË

Les douleurs aiguës peuvent être d’origine traumatologiques, urologiques, rhumatologiques ou liées aux soins. Les douleurs induites par les actes des soignants (actes diagnostiques ou thérapeutiques) représentent 14 % des douleurs aiguës. Concernant les douleurs induites par les actes des soignants (actes diagnostiques ou thérapeutiques), il est important de noter qu'elles sont sous-evaluées et donc également sous-traitées. En effet moins de 25% de ces douleurs sont prises en charge en réanimation par exemple.10

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1H.Merskey, classification of chronic pain : descriptions of chronic pain syndromes and definitions of pain terms. Prepared by the IASP, Subcommittee on Taxonomy. Pain. 1986 (Suppl 3): S1-226.
2International Association for the Study of Pain (IASP). Année Mondiale Contre la Douleur Provoquée par un Cancer (Octobre 2008 –Octobre 2009 ) Epidémiologie de la douleur provoquée par un cancer. 2009
3Breivik H, Cherny N, Collett B, de Conno F, Filbet M, Foubert AJ, Cohen R, Dow L. Cancer-related pain: a pan-European survey of prevalence, treatment, and patient attitudes. Ann Oncol. 2009 Aug;20(8):1420-33
4ANAES. Évaluation et suivi de la douleur chronique chez l’adulte en médecine ambulatoire. Février 1999.
5D. Bouhassira et al. Prevalence of chronic pain with neuropathic characteristics in the general population. Pain. 2008;136 :380-387.
6Breivik H et al. Survey of chronic pain in Europe: prevalence, impact on daily life, and treatment. Eur J Pain. 2006;10(4) :287-333
7Ministère de la Santé et des Solidarités. Plan d'amélioration de la prise en charge de la douleur 2006-2010, 3 mars 2006.
8Breivik H et al. Survey of chronic pain in Europe: prevalence, impact on daily life, and treatment. Eur J Pain. 2006;10(4) :287-333.
9P. Tajfel, S. Guerche et D. Huas. La douleur en médecine générale_: Point de vue du médecin de la douleur. Doul. et Analg. 2002;1_:71-79.
10Couteaux. Douleurs induites par les soins : épidémiologie, retentissements, facteurs prédictifs Doul. Et Analg (2008) 21 : 126-138
11COEGD (Comité d’Organisation des Etats Généraux de la Douleur). Livre blanc de la douleur, juin 2005.